Pul biber, sumac : les épices de la maison.

On parle beaucoup de la braise. Mais une assiette se joue aussi à la pincée près. Petit tour de deux épices de la cuisine anatolienne, et de ce que la carte en dit.

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Sept coupelles d'épices sur une table claire, une main prend une pincée de sumac
Les épices, à portée de main.

Le pul biber, un piment qui réchauffe

Le pul biber, c'est le piment rouge de la cuisine anatolienne, séché puis concassé en flocons. Il est moins brutal qu'un piment fort : il chauffe doucement, avec un goût presque fruité. On le reconnaît à sa couleur, d'un rouge vif, et à ses flocons un peu huileux. En Anatolie, on le trouve souvent sur la table, à côté du sel.

À la carte, le mot qui revient, c'est « épices » : dans l'Ezme, dans le Lahmacun, dans le Tavuklu Pide. Et quand c'est plus franc, la carte le dit : la saucisse épicée du Sucuklu Pide, la sauce épicée de l'Altı Ezmeli.

Une main saupoudre du piment en flocons sur un bol d'ezme, à côté d'un demi-citron et de persil
Une pincée de piment sur l'ezme.

Le sumac, l'acidité sans le citron

Le sumac est une petite baie séchée et moulue, d'un rouge sombre. Il apporte une acidité douce, un peu comme un filet de citron, mais sans le jus. On le saupoudre sur des oignons crus, une salade, une grillade.

En Anatolie, c'est l'épice des oignons crus et du persil qui accompagnent si souvent les grillades. Un oignon rouge émincé, une poignée d'herbes, une pincée de sumac : trois choses simples, et la viande la plus simple change de caractère.

Une main parsème du persil et des oignons rouges sur une planche, une coupelle de sumac à côté
Persil, oignons rouges et sumac.

Une épice ne doit pas cacher le goût. Elle le fait apparaître.

À la pincée

Ni l'un ni l'autre ne se dose à la cuillère. Une pincée, on goûte, une autre si besoin. C'est la même règle que pour la braise : on ne règle pas, on regarde, on ajuste.